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novembre 13, 2015 Comments (0) enseignement, femme, Femme Cadre

Les disparités genre dans le corps enseignant au Togo

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Afin de mieux comprendre pourquoi les femmes ne sont pas nombreuses dans fonction enseignante notamment dans l’enseignement primaire et d’y adresser des approches de solutions, le ministère des enseignements primaire et secondaire a commandité une étude sur les disparités genre dans le corps enseignant du primaire au Togo.

L’étude a ainsi relevé qu’au niveau du primaire, en 2009-2010, les femmes enseignantes occupent 13,79% du corps enseignant et en 2013-2014, 15,91%. L’étude a également mis en exergue les données statistiques suivantes :

  • Directrices d’école : 12,38%
  • Conseillères pédagogiques :30,8%
  • Inspectrices : 18,3%

On constate aussi que ces disparités sont plus accentuées en milieu rural.

Pour l’année 2013, les filles ne comptaient que pour 42,19% des élèves en formation dans les Écoles Nationales des Instituteurs (ENI).

Cette étude a permis d’identifier les causes probables de ce phénomène et de mettre en relief quelques stratégies, mesures et approches de solution pour remédier à cette insuffisance.

Les facteurs favorisants

Plusieurs causes sont à la base de la faible représentativité des femmes dans le corps enseignant entre autres :

  • L’insuffisance du vivier due à la déperdition scolaire des filles et aux contraintes pédagogiques et institutionnelles, reflet des pesanteurs socioculturelles ;
  • La profession d’enseignant où l’on s’oriente de nos jours souvent par défaut avec des recrutements sur le tas ;
  • La dégradation de l’image de l’enseignant ;
  • Les rapports sociaux de genre dans le corps enseignant au primaire :
  • avec la difficile conciliation entre exigences professionnelles et les tâches domestiques ;
  • l’interférence entre rôle de mère et rôle d’enseignante ;
  • les perceptions des femmes enseignantes par les collègues enseignants et les communautés;
  • le manque de confiance en soi ;
  • les situations de harcèlement dans l’environnement scolaire et village ;
  • La fuite du milieu rural due aux conditions de vie et d’accès, à l’insécurité et à l’absence de logement pour enseignant, à la situation difficile sur le plan matrimonial et socio affectif et aux difficultés relatives à la formation continue.

Face à ces facteurs, il est urgent d’agir.

Les défis à relever

  • Enrichir le vivier en mettant en place une pédagogie qui favorise l’équité et en luttant contre la déperdition scolaire avec tout ce que cela comporte comme stratégies ;
  • Revaloriser l’image des enseignant(e)s du primaire en rendant le métier plus attrayant à travers les différents canaux de communication et en démontrant son importance et ses avantages, en honorant les enseignantes qui ont de bons résultats et en revoyant le rôle des syndicats ;
  • Responsabiliser davantage de femmes enseignantes et développer des plans de carrière en renforçant les capacités des femmes, en prenant en compte les besoins spécifiques des hommes et des femmes et en développant une autre vision de l’évolution professionnelle ;
  • Motiver les enseignant(e)s à travailler en milieu rural en dissipant certaines craintes, en instaurant une politique de construction de logements de fonction, en donnant des primes d’éloignement à ceux et celles qui sont dans des fermes éloignées et en favorisant le développement local.

Leçons à tirer pour le département en charge de la promotion de la femme et surtout pour le programme de promotion du leadership professionnel des femmes

Il est indéniable qu’une femme professionnelle est un levier de performances pour son institution dès lors que tout son potentiel est exploité. Cette situation contribue non seulement au bon fonctionnement des structures mais également à l’épanouissement de la femme qui se sent beaucoup plus valorisée.

Le mécanisme national chargé de la promotion de la femme doit intensifier ses activités allant dans le sens de la transformation sociale des communautés à travers des sensibilisations, causeries-débats et formation sur les droits de la femme et de la jeune fille.

La mise en œuvre du programme national de lutte contre les grossesses et mariages précoces et celui de la promotion de l’excellence académique et du leadership de la jeune fille togolaise doit concourir à avoir un vivier important et très riche techniquement de filles et de jeunes femmes aspirant à de diverses professions.

L’étape de l’éducation primaire étant le socle de la formation scolaire et universitaire, pour avoir des têtes bien faites et bien pleines, les jeunes filles ou femmes entrant dans le corps enseignant du primaire doivent faire l’objet d’un accompagnement de la part des conseillères pédagogiques ou inspectrices d’où la nécessité d’étudier la possibilité d’étendre l’adhésion à la plateforme à ce corps de métier.

                                          La coordination du programme du leadership professionnel des femmes togolaises

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